Réemploi & Architecture de demain

Posté le 27-04-2021

Micro architecture nomade et autonome

C’est l’histoire d’une micro architecture autonome racontée autour d’un projet mené il y a presque quatre ans en 2017. Au fil de cette aventure familiale de création du concept de slow architecture H-Eva, nous allons apprendre comment mener un projet d’authentique simplicité et comment surpasser les difficultés pour vivre son rêve d’autonomie et de nature. Décryptage des essentiels à savoir pour se lancer dans un projet ambitieux de mini habitation pour adeptes de nouveaux modes de vie.


Comment naît un projet d’architecture autonome ?

Le projet de micro architecture émerge plus d’une réflexion que d’une intention posée à la base.
H-Eva est une histoire de famille. Quand Michel Hardoin Architecte et co-fondateur de l’agence A6A à Bordeaux a été mandaté pour concevoir une maison en ossature bois à proximité du bassin d’Arcachon, son client envisageait une réponse plus classique. Le cahier des charges de la future location Airbnb de 70 m², qui devait offrir aux hôtes une expérience immersive, s’est transformé en une réflexion sur la manière d’habiter et d’impacter un site. L’architecte et son client eurent alors l’idée de dessiner un logement plus minimaliste, une micro architecture qui répondrait à tous les besoins essentiels et dont la contrainte principale imposée par la situation géographique serait l’autonomie. Une autonomie offerte par la nature environnante prête à livrer ses ressources.
Le concept H-eva naît en 2018 avec l’engagement de la famille de Michel qui croient et investissent dans le projet. La phase de prototypage est lancée. Entièrement assemblée en atelier chez un petit fabricant près du Pays Basque, elle est ensuite acheminée sur site.

 




Pourquoi le choix d’un habitat nomade ?


Idéale pour le casanier voyageur, identique partout mais transportable, la maison nomade c’est un peu le bateau du terrien. Elle permet le voyage, le changement, la souplesse et le non-attachement... comme lui elle nécessite un entretien particulier. Il faut être un peu aguerri en bricolage pour posséder ce type d’habitat prévient Michel. Le choix d’un habitat nomade c’est l’aventure, l’ouverture mais aussi la possibilité du changement. Changement de job, envie d’autre chose ou exode climatique, les raisons sont nombreuses pour en faire un choix intelligent ! 

Ce qui rend nomade une « small house » c’est à la fois sa transportabilité  (H-eva est dimensionnée comme un container) mais aussi les systèmes innovants lui permettant d’être autonome ! 


Quels sont les points-clés pour un habitat autonome ?


Il y a trois points-clés indispensables pour rendre autonome une micro-architecture transportable. Les solutions nécessitent d’être intégrées dans l’enveloppe de l’ouvrage. Premièrement, une autonomie en eau qui nécessite la récupération et l’épuration des eaux de pluie afin de la rendre potable. Deuxièmement une autonomie en chauffage qui peut être réglée par un poêle à bois comme pour H-Eva dont le poêle suffit largement à couvrir les besoins d’un si petit espace. Souvent nous précise l’architecte, dans sa H-Eva située au Pays Basque, il ne nécessite pas de fonctionner même en hiver car les performances thermiques de la maison sont excellentes. Troisièmement, une autonomie en électricité est requise. Elle permet de faire fonctionner la lumière et quelques appareils électriques. Pour ce faire, des installations photovoltaïques en toiture suffisent à couvrir les besoins du foyer. Capter les ressources offertes au quotidien par la nature n’est pas le seul critère de durabilité, aussi le choix des matériaux est inhérent à une vision plus globale de préservation de l’environnement.  








Quels matériaux sont à privilégier pour un habitat durable, léger, démontable et transportable ?


Après diverses recherches, l’architecte et ses co-concepteurs ont hésité longtemps à choisir l’ossature métallique. C’est finalement le bois éco-sourcé des Landes, qui sera retenu pour créer l’ossature, comme matériau le plus adapté à la fabrication de cette micro maison. Le bardage extérieur en pin Douglas brûlé, technique ancestrale japonaise aussi appelée Shou Sugi Ban, permet au bois d’être naturellement protégé, ce qui rend durable ce revêtement et en facilite l’entretien. Le bardage intérieur également en bois confère une belle harmonie à cet habitat durable. Une cohérence formelle et matérielle volontaire qui reflète la simplicité et l’essence du projet. 

Entièrement assemblée en atelier, elle est modulable et configurable avec des choix multiples ! De belles inspirations pour ceux qui souhaitent auto-construire leur mini maison bois. 

Avec ces choix de matériaux, cette architecture peut être démontable et réemployable sans difficulté. Chaque élément, assemblé à partir de la notice constructive élaborée par son architecte en fait une conception idéale pour répondre aux pré-requis d’un bon réemploi. Cette micro-construction intègre des valeurs durables sur tout son cycle de vie ! Cette sobriété se retrouve-t-elle aussi dans le choix des fondations ?


Gérer l’impact au sol d’une maison transportable 


A fortiori si elle est souvent déplacée, la maison nomade mérite d’être la moins impactante possible sur le sol afin de préserver son état naturel et son écosystème. À l’instar d’H-Eva, les fondations peuvent se résumer à de simples vis de 1m à planter soi-même si la durée d’installation de la micro architecture est éphémère. Pour un ancrage plus pérenne sur le terrain choisi, des vis réversibles type techno-pieux supportant 800kg chacune sont conseillées. Les dommages sur le sol sont minimes puisque aucune dalle béton n’a besoin d’être coulée. Mais alors pourquoi choisir plutôt une maison nomade sur pilotis qu’une tiny house?  








Pourquoi ne pas avoir choisi une Tiny House sur roue ?


La tiny House est une maison sur roue dont la taille et le poids sont beaucoup trop contraints car ils doivent rentrer dans la réglementation imposée pour les caravanes afin de pouvoir être homologué sur les routes et tirée par une voiture. Sa surface habitable et ses dimensions sont alors très réduites. Le modèle de cabin house est plus libre car il offre une souplesse sur les choix  de forme ou de dimensions et peut espérer une plus grande surface habitable. Quand bien même votre construction est petite et légère, la réglementation s’applique.



Comment installer un habitat léger avec la réglementation en vigueur ?


Comme le rappelle Michel Hardoin, l’habitat léger, comme toutes les autres constructions, est soumis à la réglementation en vigueur du territoire sur lequel il doit être installé. Pour toute construction, a minima une déclaration préalable doit être déposée à la mairie concernée ou pour toute construction supérieur à 20 m², le permis de construire est requis. D’autres part, la typologie d’habitat choisie devra ressembler à l’architecture commune du lieu, ce qui peut freiner un projet d’habitat nomade qui n’a pas de facto d’identité locale. Cependant, l’évolution des modes de vie et l’ouverture des services d’urbanisme aux nouveaux habitants qui dynamisent leur territoire est une opportunité qu’ils savent accueillir. L’autre difficulté à surmonter est sans doute l’obligation de se raccorder au réseau et l’obligation de s’installer sur un terrain constructible. La réglementation doit évoluer pour répondre aux nouveaux besoins de ses habitants ancré dans un mode de vie plus résiliant. 







« Une architecture où chacun projette ses envies » M.H.


Une chambre en plus, un bureau, un pop-up store, la construction légère n’est pas réservée qu’aux adeptes du minimalisme. Aujourd’hui, la « cabane » répond à divers usages, et saura satisfaire de nombreuses demandes. 


Merci à Michel Hardoin d’avoir répondu à nos questions. Si vous êtes curieux d’en connaître plus sur H–Eva rendez-vous sur le site h-eva.com 


Partisan de slow Life, tu veux ton habitation nomade? Les bons matériaux c’est ici.



crédits photos: Agnès Clotis


L'Édito

A l'orée d'une nouvelle façon de penser, l'architecture se mue pour venir célébrer ce nouveau paradigme où l’humain est au centre.

L'architecture naît d'un besoin. Le besoin d'habiter, de vivre ensemble, d'échanger, de consommer, le besoin d'apprendre, de s'éveiller, de travailler. Et s'il est admis qu'elle doit être conforme aux attentes d'usage et de confort, le pavé des normes qu'il faut surmonter pour construire serait presque décourageant.

De notre point de vue, il est moteur de créativité. En atteste l’émergence de constructions conçues à partir de matériaux de réemploi. L’imaginaire est bel et bien vivant, il dépasse les frontières.

C’est cela que raconte ce blog.

Bonne lecture !

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